Des comptes Facebook multiplient les portraits de rugbymen à la chaîne, générés par IA, likés par des milliers de vrais supporters, sans qu’aucun humain ne relise jamais. Jusqu’à ce qu’un Laurent Pardo rugbyman devienne Laurent Pardo musicien. Enquête sur la viralité automatisée qui envahit le rugby français.
De plus en plus de pages ou comptes autour du sport et du rugby en particulier ont une activité virale, assistée par des outils IA.
Les gens s’en rendent compte, plus ou moins.
Exemple, ce compte :
https://www.facebook.com/profile.php?id=61564833710387
et une réaction
https://x.com/i/status/2055033225202835583
J’avais été surpris par l’apparition d’articles très nombreux (plusieurs dans une journée) de ce compte
https://www.facebook.com/share/1DbAzUSaQK/
Dont je découvre ce jour (16/05/26) qu’il est désormais en langue allemande.
Mais les commentaires passés restent en Français. Cf copies écran image 1 image 2
Il produit des articles hommage à des joueurs de rugby célèbres au kilomètre, merci l’IA. Avant c’était le foot.
Et beaucoup de vraies personnes réagissent et échangent en toute sincérité.
Sauf que là,
https://www.facebook.com/share/1fhKXuvKmC/
plantage complet, au lieu d’avoir un chouette article pré-formaté comme les autres sur “notre Laurent Pardo” de l’Aviron on tombe sur un article qui rend hommage à un musicien homonyme.
https://en.wikipedia.org/wiki/Laurent_Pardo
Ça rend tout ça risible et très inquiétant tout de même car la personne à l’origine de ce compte ne vérifie rien, de ce type d’aberration dont l’IA est coutumière. Mais ça semble normal car c’est complètement automatisé par un robot. Aucune vérification humaine et modification suite aux commentaires qui s’étonnent de la confusion. cf image 3
J’ai interrogé une IA (Perplexity) en lui proposant l’analyse de trois de ces textes:
Extrait de sa réponse:
Pourquoi l’automatisation est très probable
Trois portraits longs, structurés, au même style narratif et avec une qualité d’écriture homogène, sortis sur une seule journée, c’est typiquement le rythme d’un flux automatisé ou semi‑automatisé, pas d’un auteur qui écrit tout “à la main”.
Le style est très gabarisé : mêmes schémas (accroche lyrique, carrière résumée, chute ou morale), mêmes tournures (“on raconte que…”, “c’est ça, finalement…”), hashtags formatés, ce qui ressemble à un prompt réutilisé plutôt qu’à des textes écrits indépendamment.
Les données factuelles sont justes mais peu profondes, ce qui colle bien avec un procédé récupération de quelques infos biographiques simples + génération d’un récit “émotionnel” par un modèle.
Donc, même si on ne peut pas prouver si c’est 100% IA ou IA + humain, le processus industriel est évident : ce compte fonctionne comme une machine à portraits sportifs, très probablement alimentée par des outils d’IA, avec un humain qui se contente au mieux de lancer les prompts et publier.
Quand un article Facebook associe un texte sur le musicien Laurent Pardo à deux photos du rugbyman Laurent Pardo, on voit soit une erreur de mapping très grossière, soit un système de sélection d’images qui récupère mal les métadonnées ou le cache.
Le fait que les commentaires corrigent l’erreur sans que l’article disparaisse ou soit modifié montre que la publication n’est pas relue de façon humaine en continu, ou qu’elle est simplement laissée telle quelle pour continuer à générer de l’engagement.
J’ai ensuite fait travailler l’IA en lui fournissant de la matière
http://journal-tribunes.blogspot.com/2013/09/laurent-pardo-pour-le-plaisir-et-le-jeu.html
Afin qu’elle puisse produire un texte sur Laurent Pardo, le joueur de rugby qui s’inspire de ces textes viraux cités au dessus.
Après quelques ajustements, mais je n’ai rien écrit, juste donné des indications de forme, pour coller le plus possible au style pompeux et formaté des articles de
https://www.facebook.com/share/1DbAzUSaQK/
Ça donne ça:
Il y a des joueurs qui, après avoir raccroché les crampons, ne s’arrêtent jamais vraiment de créer. Laurent Pardo est de cette trempe-là : un homme dont la trajectoire n’est pas une ligne droite, mais un mouvement perpétuel, entre les terrains de rugby et l’atelier des possibles. Né dans une famille où le maillot bleu se transmet comme un héritage, il a su garder, bien après les grandes heures, ce regard malicieusement pétillant de ceux qui n’ont jamais cessé de jouer.
C’est cette insatiable curiosité qui surprend le plus chez cet ancien ailier de l’Aviron Bayonnais. Comment imaginer, pour celui qui courait le long de la touche pour faire lever les tribunes, une passion pour la création de fauteuils Voltaire, habillés avec soin de vieux maillots de rugby ? Une idée curieuse, presque paradoxale pour un homme qui ne tient pas en place, mais qui permet de faire entrer un peu de l’âme du jeu dans le salon des passionnés Il y a là une forme de poésie : recycler les souvenirs pour en faire des objets de confort et de mémoire.
Mais Laurent Pardo ne s’est jamais contenté d’un seul terrain. Il y a le «Palapluie», cet objet singulier né de son imagination, il y a ses galets ramassés sur la plage d’Hendaye, ces morceaux de bois trouvés sur le sable, et puis, depuis peu, son chevalet installé sur la corniche entre Hendaye et Socoa. Il peint la roche, les vagues, la lumière qui explose, cherchant dans l’authentique ce que beaucoup oublient de voir, préférant la simplicité de la nature au tumulte du superflu.
Son rugby, lui, reste le socle de tout. Héritier d’un grand-père international dès 1924, il a su porter cet héritage avec autant de légèreté que de respect. Le Grand Chelem de 1981, aux côtés de légendes comme Blanco, Rives ou Paparemborde, n’est pas pour lui une médaille à montrer, mais un souvenir de partage, une histoire de copains, une épopée de vie. C’est ce même goût du jeu qu’il transmet aujourd’hui encore aux Barbarians français : cette idée que le rugby est un art de l’attaque totale, une philosophie où l’on ne donne jamais rien sans recevoir une part d’amitié.
Laurent Pardo est un homme qui vit entre glaise et nuages. Avec ses jambes insatiables, son cœur de frère et cette capacité rare à transformer le quotidien en création, il nous rappelle que le plus beau des matchs est celui que l’on joue chaque jour, avec curiosité, passion et cette petite étincelle qui ne s’éteint jamais.
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