Courriel au midol 14/09/26

Messieurs,
Votre édi­to­r­i­al de ven­dre­di M.Faure était plein de bon sens.
J’en reprends un extrait reprenant les pro­pos d’Éric Bayle puis en démar­rant le dernier para­graphe par “Il est là le sujet”.

“.…Notre com­bat, c’est de lim­iter les impass­es sur ces affich­es majeures. On ne demande pas 100% de l’ef­fec­tif tit­u­laire mais on veut voir une équipe ultra-com­péti­tive. » Et de dévelop­per, sur le sujet de l’é­conomie : « Les affich­es sont la vit­rine du Top 14. Si l’une d’elles est déséquili­brée et pro­pose un 30–0 à la mi-temps, les abon­nés zap­pent et le Top 14 perd des clients. »

Car il est là, le sujet. En pro­posant trop sou­vent ce spec­ta­cle d’af­fich­es dévoyées, sur sa case la plus exposée du dimanche soir, le rug­by avait pris la sale habi­tude de se tir­er une balle dans le pied. En ce sens, le choix de Yan­nick Bru et son staff d’en­voy­er une équipe plus que com­péti­tive, et nantie de nom­bre de ses stars, est à appréci­er. Le grand match espéré aura lieu. Un pre­mier test entre favoris pour mieux se jauger. Et déjà, en point de mire, la promesse de retrou­vailles en fin de sai­son, quand tout sera saisi par la dra­maturgie du réd­hibitoire. Mais nous n’en sommes pas encore là
Savourons déjà ce qui nous est offert
Ces dernières années, c’é­tait devenu un pro­duit rare…


Donc le sujet il est où ce dimanche soir de ce match où ce n’est pas un 30 à 0 à la mi-temps mais un 36 à 0 avec une équipe de l’UBB dont tous les obser­va­teurs, vous bien sûr, mais aus­si M. Bayle s’ac­cor­dent à dire qu’elle n’é­tait pas en toc (Sic Eric Bayle)?
Eric Bayle dont on ne savait plus s’il voulait féliciter l’UBB de l’avoir écouté, ou s’il préférait tomber en pamoi­son devant cette orgie de jeu à la toulou­saine par­faite­ment huilé en 1ere mi-temps, ou se désol­er d’un tel déséquili­bre jusqu’à “chroni­quer” sur l’en­jeu d’une deux­ième mi-temps que pou­vait rem­porter l’UBB 12 à 5.
Il, vous, avez redé­cou­vert les lim­ites de ce jeu extra­or­di­naire.
“Quand ça veut pas,  va veut pas.“
Et cette phrase peut être inter­prétée par les polémistes, les fatal­istes, les com­plo­tistes.
Pour ma part j’aimerais pou­voir me dire en tant que sup­port­er de l’UBB : “Quelle belle réponse provo­ca­trice de Yan­nick Bru et des joueurs à M. Bayle“
Ou bien plus raisonnable­ment “L’UBB quand ils n’ont pas vrai­ment envie de gag­n­er un match, ils restent frag­iles, à l’in­verse du ST qui joue tous ses matchs pour les gag­n­er“
Est ce que le ST n’a pas joué une de ses meilleures pre­mière mi temps depuis trois ans?
“Quand ça veut pas,  va veut pas” et l’in­verse est vrai. “Quand tout sourit”,  c’est incroy­able de voir que le moin­dre rebond, même un arbi­trage vidéo non indis­pens­able et dis­cutable, ira dans le sens de l’équipe qui a décidé d’en avoir plus envie que l’autre. Quand l’autre va mul­ti­pli­er des erreurs dont on se demande…bref.
Cer­taine­ment qu’avec les 8 tops joueurs man­quants à l’UBB en pre­mière mi-temps et une envie dif­férente,  le score aurait pris moins d’am­pleur.  On ne le saura jamais. A Toulouse ça ressem­blait furieuse­ment à un 23 type, alors même qu’au moins 3 à 5 top joueurs étaient en réserve ou blessés.
Le rug­by, plus que le foot ne tolère pas la moin­dre dif­férence d’in­vestisse­ment men­tal et physique ou de niveau.
Une coupe de France à l’in­star du foot est impos­si­ble,  même en lim­i­tant aux seuls clubs de top 14 et Prod2. Les matchs de bar­rage et les débuts du club qui a sur­volé la Pro D2 le démon­trent.
Cela aura fait de beaux arti­cles, de belles analy­ses ou polémiques. Mais jamais on ne pour­ra être sûr du “pro­duit” du same­di ou dimanche soir.
Para­doxale­ment ou pas, on se rend compte si on est un fidèle abon­né de Canal+, pas trop exigeant, que la pro D2 réserve des matchs bien plus incer­tains et “cap­ti­vants” sur les matchs “prime” des jeud­is et ven­dredis soirs.
Belle sai­son à vous tous. De belles com­péti­tions en per­spec­tive dès cet automne. Sans oubli­er les filles qui vont prob­a­ble­ment appren­dre d’une expéri­ence de vie enrichissante en Nou­velle-Zélande. 

Bien cor­diale­ment 

Christophe Bedou