Messieurs,
Votre éditorial de vendredi M.Faure était plein de bon sens.
J’en reprends un extrait reprenant les propos d’Éric Bayle puis en démarrant le dernier paragraphe par “Il est là le sujet”.
“.…Notre combat, c’est de limiter les impasses sur ces affiches majeures. On ne demande pas 100% de l’effectif titulaire mais on veut voir une équipe ultra-compétitive. » Et de développer, sur le sujet de l’économie : « Les affiches sont la vitrine du Top 14. Si l’une d’elles est déséquilibrée et propose un 30–0 à la mi-temps, les abonnés zappent et le Top 14 perd des clients. »
Car il est là, le sujet. En proposant trop souvent ce spectacle d’affiches dévoyées, sur sa case la plus exposée du dimanche soir, le rugby avait pris la sale habitude de se tirer une balle dans le pied. En ce sens, le choix de Yannick Bru et son staff d’envoyer une équipe plus que compétitive, et nantie de nombre de ses stars, est à apprécier. Le grand match espéré aura lieu. Un premier test entre favoris pour mieux se jauger. Et déjà, en point de mire, la promesse de retrouvailles en fin de saison, quand tout sera saisi par la dramaturgie du rédhibitoire. Mais nous n’en sommes pas encore là
Savourons déjà ce qui nous est offert
Ces dernières années, c’était devenu un produit rare…
Donc le sujet il est où ce dimanche soir de ce match où ce n’est pas un 30 à 0 à la mi-temps mais un 36 à 0 avec une équipe de l’UBB dont tous les observateurs, vous bien sûr, mais aussi M. Bayle s’accordent à dire qu’elle n’était pas en toc (Sic Eric Bayle)?
Eric Bayle dont on ne savait plus s’il voulait féliciter l’UBB de l’avoir écouté, ou s’il préférait tomber en pamoison devant cette orgie de jeu à la toulousaine parfaitement huilé en 1ere mi-temps, ou se désoler d’un tel déséquilibre jusqu’à “chroniquer” sur l’enjeu d’une deuxième mi-temps que pouvait remporter l’UBB 12 à 5.
Il, vous, avez redécouvert les limites de ce jeu extraordinaire.
“Quand ça veut pas, va veut pas.“
Et cette phrase peut être interprétée par les polémistes, les fatalistes, les complotistes.
Pour ma part j’aimerais pouvoir me dire en tant que supporter de l’UBB : “Quelle belle réponse provocatrice de Yannick Bru et des joueurs à M. Bayle“
Ou bien plus raisonnablement “L’UBB quand ils n’ont pas vraiment envie de gagner un match, ils restent fragiles, à l’inverse du ST qui joue tous ses matchs pour les gagner“
Est ce que le ST n’a pas joué une de ses meilleures première mi temps depuis trois ans?
“Quand ça veut pas, va veut pas” et l’inverse est vrai. “Quand tout sourit”, c’est incroyable de voir que le moindre rebond, même un arbitrage vidéo non indispensable et discutable, ira dans le sens de l’équipe qui a décidé d’en avoir plus envie que l’autre. Quand l’autre va multiplier des erreurs dont on se demande…bref.
Certainement qu’avec les 8 tops joueurs manquants à l’UBB en première mi-temps et une envie différente, le score aurait pris moins d’ampleur. On ne le saura jamais. A Toulouse ça ressemblait furieusement à un 23 type, alors même qu’au moins 3 à 5 top joueurs étaient en réserve ou blessés.
Le rugby, plus que le foot ne tolère pas la moindre différence d’investissement mental et physique ou de niveau.
Une coupe de France à l’instar du foot est impossible, même en limitant aux seuls clubs de top 14 et Prod2. Les matchs de barrage et les débuts du club qui a survolé la Pro D2 le démontrent.
Cela aura fait de beaux articles, de belles analyses ou polémiques. Mais jamais on ne pourra être sûr du “produit” du samedi ou dimanche soir.
Paradoxalement ou pas, on se rend compte si on est un fidèle abonné de Canal+, pas trop exigeant, que la pro D2 réserve des matchs bien plus incertains et “captivants” sur les matchs “prime” des jeudis et vendredis soirs.
Belle saison à vous tous. De belles compétitions en perspective dès cet automne. Sans oublier les filles qui vont probablement apprendre d’une expérience de vie enrichissante en Nouvelle-Zélande.
Bien cordialement
Christophe Bedou
