Rugby : les franchises sud-africaines ne quitteront pas la Champions Cup !

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Nous, on va se pos­er la ques­tion, faut-il s’at­ten­dre à une nou­velle refonte de la Cham­pi­ons Cup ? Les clubs sud-africains sur le départ, for­mat jamais vrai­ment adap­té, adop­té, télévi­sion pas con­va­in­cue.
De nom­breuses rumeurs évo­quent un change­ment en pro­fondeur de, de la Cham­pi­ons Cup. Euh, tout d’abord, Philippe, qu’est-ce qui est reproché au for­mat actuel ? Alors, qu’est-ce qui est reproché ? Ça dépend pour qui.
Euh, pour les clubs européens his­toriques, ce qui est reproché beau­coup aujour­d’hui, c’est, euh, les dif­fi­cultés de déplace­ment en Afrique du Sud, cer­taines impass­es qui ren­dent l’at­trac­tiv­ité jour de match, euh, un peu déli­cate.
Et puis surtout, les incer­ti­tudes sur ces for­mules qui changent très régulière­ment et qui ren­dent cette com­péti­tion un peu moins lis­i­ble du point de vue du grand pub­lic, avec for­cé­ment une adhé­sion et une affec­tion qui est un peu remise en ques­tion.
Voilà. Après, je sais pas si tu me lances tout de suite sur la réal­ité des faits et ce qu’il en est de nos amis sud-africains, parce que j’ai des infos toutes fraîch­es. Ouais, vas‑y. Qui sont assez loin de ce qu’on a lu et enten­du ces derniers jours.
Ben vas‑y alors, parce qu’en effet, c’est le The Times, je crois, un jour­nal anglais qui avait annon­cé que les clubs sud-africains pour­raient quit­ter la Cham­pi­ons Cup, qu’il pour­rait y avoir une refonte, qu’on pour­rait com­plète­ment chang­er la forme, chang­er la con­struc­tion.
Il serait peut-être autrement, d’après tes infor­ma­tions, Philippe ? Ah oui, com­plète­ment autrement. Et ça, je peux vous l’af­firmer. J’é­tais très sur­pris quand j’ai eu cette infor­ma­tion pour une rai­son assez sim­ple, parce que je l’ex­plique sou­vent à l’an­tenne, c’est qu’en fait, il faut com­pren­dre que les Sud-Africains ne sont pas liés directe­ment à l’EPCR.
Les Sud-Africains ont décidé de rejoin­dre l’URC pour leur mod­èle économique et c’est viable. Ils ont trou­vé une via­bil­ité économique à tra­vers leur inté­gra­tion dans l’URC. C’est une société com­mer­ciale.
Les clubs sud-africains, les fran­chis­es sud-africaines sont devenus action­naires de cette organ­i­sa­tion qu’est l’URC. Et l’URC est en lien direct avec l’EPCR, avec une règle assez sim­ple, c’est qu’en fonc­tion de votre classe­ment dans l’URC, vous jouez soit la Cham­pi­ons Cup, soit, soit la Chal­lenge Cup.
Et donc en fait, c’est aus­si sim­ple que ça. C’est-à-dire que demain, dire pour les Sud-Africains, on joue plus cette com­péti­tion-là, ça revient à fauss­er com­plète­ment la règle de l’URC envers l’EPCR et de déséquili­br­er tout le mod­èle.
Donc, j’ai, j’ai jamais trop cru à cette infor­ma­tion, mais en fait, ce que je peux vous dire aujour­d’hui, c’est que un bras de fer est en train de se met­tre en place entre les fran­chis­es sud-africaines et la SARU, la, la fédéra­tion, puisqu’en fait, cette fuite de cette semaine, elle vient de la SARU, qui aimerait préserv­er ses joueurs inter­na­tionaux, qui voit pas grand intérêt dans cette com­péti­tion de la Cham­pi­ons Cup et des com­péti­tions européennes et qui a bien com­pris l’in­térêt de, de ces fran­chis­es dans l’URC, mais beau­coup moins dans les com­péti­tions EPCR et qui aimerait remet­tre ça en ques­tion.
Mais en tous les cas, les hommes forts du rug­by sud-africain, les patrons et les mécènes des fran­chis­es sont com­plète­ment opposés à ça. Il y a une réu­nion qui doit avoir lieu dans les prochaines semaines entre les représen­tants des fran­chis­es et la SARU.
Euh, et donc, je pense pas qu’on aille au bras de fer du côté du rug­by sud-africain, mais en tous les cas, il y a un écart de vision quand même très impor­tant entre la fédéra­tion et ses fran­chis­es. Et du coup, Philippe, si je com­prends bien, donc la fédéra­tion sud-africaine serait pour quit­ter les com­péti­tions européennes, mais pas la com­péti­tion URC.
Et les fran­chis­es, elles, y voient un intérêt com­plète­ment autre de rester à la fois à l’URC et sur la Cham­pi­ons Cup ou la Chal­lenge européenne. Juste, est-ce que cette info qui a fuité, en effet, ces derniers jours, euh, est-ce que ça arrangeait pas un peu quelque part l’or­gan­i­sa­tion de l’EPCR pour organ­is­er la Chal­lenge et, et, et la Cham­pi­ons Cup quand on voit que, ben, la présence de ces fran­chis­es sud-africaines fai­sait, euh, fai­sait pas plaisir aux sup­port­ers, ne ravis­sait pas toutes les— tous les clubs, égale­ment en Angleterre, en Irlande, en France.
Com­ment on avait pris cette fuite d’in­for­ma­tions et quelle est la suite qui va être don­née aus­si de ces côtés-là au niveau des, des fédéra­tions ? Alors, l’in­térêt des fédéra­tions, plutôt des ligues pro­fes­sion­nelles, puisque c’est elles qui sont en lien direct avec l’EPCR ou les sociétés com­mer­ciales.
Euh, donc, à part pour les pays qui n’ont pas de ligues pro­fes­sion­nelles comme en Irlande, en Écosse ou au Pays de Galles. Euh, mais en fait, il faut com­pren­dre d’abord que l’EPCR a un vrai intérêt à avoir inté­gré les Sud-Africains.
Parce que d’un point de vue de son poten­tiel de parte­naires et de dif­fu­sion et de négo­ci­a­tion de droits télé, on vient chercher un ter­ri­toire, l’Afrique, euh, alors c’est pas toute l’Afrique, bien sûr, mais une par­tie de l’Afrique qui est un ter­ri­toire assez colos­sal et qui offre des per­spec­tives de développe­ment qui sont impor­tantes.
Donc, l’EPCR est sur le papi­er ravi que, que les Sud-Africains aient rejoint cette com­péti­tion. Après, à cette infor­ma­tion, elle peut peut-être servir à l’or­gan­isa­teur. Je dis ça, j’en sais rien, c’est mon avis.
Oui, bien sûr. Euh, dans la volon­té de, de remet­tre sur la table les for­mules, l’or­gan­i­sa­tion. Parce qu’il y a quand même quelques griefs des clubs. Il faut savoir que les Sud-Africains, même s’ils veu­lent pas sor­tir de cette com­péti­tion, et les clubs européens, c’est pareil, ont des sur­coûts impor­tants sur les déplace­ments qui sont pas com­pen­sés com­plète­ment par l’organisation.Donc ça coûte de l’ar­gent au club de, de se déplac­er, euh, dans cette com­péti­tion.
Et donc autant pour les clubs européens et notam­ment français qui ont une his­toire avec ce, cette com­péti­tion comme, comme le Stade Toulou­sain, comme l’UBB un peu plus récem­ment, comme La Rochelle, comme Cler­mont, dans une cer­taine mesure.
Toulon. Vous savez, vous faites le– Toulon bien sûr. Vous savez, vous faites le plein les jours de match. Euh, donc vous rem­plis­sez, euh, les caiss­es en ter­mes de bil­let­terie et d’hos­pi­tal­ité. Donc vous pou­vez vous per­me­t­tre de reper­dre un peu d’ar­gent sur les déplace­ments.
Mais pour les clubs qui n’ont pas une grande his­toire avec cette com­péti­tion, ben en fait, c’est plus dur à ven­dre. Et donc c’est un peu la dou­ble peine. Donc il y a quand même des ques­tions assez majeures qui sont sur la table.
Et l’en­jeu de l’or­gan­isa­teur de l’EPCR, euh, dans le– pour moi, à, à assez court terme, c’est de ras­sur­er les acteurs sur la via­bil­ité économique. Oui. Et sur des solu­tions à trou­ver pour que ce soit moins com­plexe en ter­mes d’or­gan­i­sa­tion de déplace­ments.
Juste­ment, quand on voit par exem­ple qu’en Afrique du Sud, les stades sont pas pleins alors qu’en Europe, c’est la majorité du, du temps le cas, est-ce qu’on peut imag­in­er peut-être, pourquoi pas, que, euh, un club vienne en Afrique du Sud et fasse comme une tournée, euh, on va dire, il reste deux, deux, trois semaines pour faire une série de matchs sur la péri­ode don­née, que les clubs sud-africains vien­nent faire ça égale­ment plutôt que peut-être qu’un coup on y va une semaine, un coup la semaine d’après on reçoit à la mai­son et que du coup bah, au niveau des organ­ismes, au niveau des joueurs, c’est aus­si lourd.
Euh, c’est, c’est com­pliqué et ça pousse encore une fois plus facile­ment à faire l’im­passe qu’à jouer le jeu jusqu’au bout. Ben dans les for­mules actuelles, et c’est toute la prob­lé­ma­tique. C’est ça la dif­fi­culté.
Bien sûr que c’est idéal. Mais si t’as un club français qui joue con­tre au moins deux fran­chis­es sud-africaines, ça crée quand même des déséquili­bres dans les poules. Mh. Si on revient à des poules de qua­tre ou des poules de cinq, comme, comme c’est, euh, comme c’est poten­tielle­ment envis­agé aujour­d’hui.
Comme c’est en dis­cus­sion, ouais. Donc, euh, non, non, mais alors, c’est, c’est sincère­ment com­plexe pour l’or­gan­isa­teur, hein, euh, cette réflex­ion. Mais en tout cas, euh, elle doit être prise à bras le corps parce qu’on est sur des enjeux impor­tants d’im­ages, notam­ment en ter­mes de développe­ment durable.
Euh, la pres­sion aug­mente sur ce thème-là. Bien sûr. D’un point de vue des annon­ceurs. Euh, on par­le beau­coup de la san­té des joueurs et donc il faut faire atten­tion aus­si sur ce volet-là, parce que même s’il n’y a pas de décalage horaire, c’est des voy­ages qui sont très longs, qui sont pas tou­jours faits dans de très bonnes con­di­tions parce que les coûts sont élevés.
Donc, euh, voilà, il y a, il y a des, il y a des enjeux majeurs, mais en tout cas- Puis les images, les images Philippe des stades pas com­plète­ment pleins, elles sont pas bonnes non plus pour les, pour les dif­fuseurs.
C’est, c’est pas des images… Oui, non, mais– oui, puis t’es plutôt sym­pa, des stades pas com­plète­ment pleins. Oui. J’ai plutôt des stades- Vides. Assez com­plète­ment vides. Euh, donc en Afrique du Sud, en effet, ils ont des vraies prob­lé­ma­tiques autour de ça.
Leur mod­èle économique repose beau­coup moins que le nôtre sur les jours de match. Donc c’est, c’est pour eux pas très prob­lé­ma­tique. Mais en effet, d’un point de vue li– de l’im­age que ça ren­voie pour la com­péti­tion, ça, ça peut en effet pos­er ques­tion.
Mais comme le fait que des équipes font des impass­es com­plète­ment sur des matchs impor­tants et vien­nent avec une équipe bis voire ter qui prend soix­ante dix points. Euh, et donc, euh, il y a quand même des réflex­ions à men­er, peut-être autour de pénal­ités, euh, sur des écarts de score trop impor­tants.
Ah oui. Des pénal­ités au classe­ment financier. Enfin, il y a, il y a plein de réflex­ions à men­er. Mais, euh, elles doivent l’être vrai­ment. Parce que cette com­péti­tion, même si elle reste un suc­cès pop­u­laire et les phas­es finales surtout nous le mon­trent, euh, elle est un peu abîmée quand même mal­gré tout en ter­mes de, d’im­age par rap­port à son manque de vis­i­bil­ité.
On rap­pelle Philippe, que tu nous apprends du coup dans ta chronique En Avant l’É­co que la rumeur qui avait fil­tré ces dernières semaines, derniers jours, notam­ment du côté anglais, de la presse anglaise, comme quoi les fran­chis­es sud-africaines pour­raient quit­ter la Cham­pi­ons Cup et la Chal­lenge européenne, euh, pour­rait– cette info serait en fait une rumeur fausse.
Puisque en gros, la déci­sion- C’est, c’est, alors, c’est– je, je, j’in­siste parce que je pense que c’est une info qui peut être relayée. Ah oui, bien sûr. C’est pas une rumeur, c’est pas une rumeur fausse.
C’est, euh, une réflex­ion, euh, qui intéresse la SARU, euh, mais qui a pas la, le pou­voir de déci­sion direct. C’est ça. Et, euh, je peux vous dire en effet que les, les, les patrons des gross­es fran­chis­es sud-africaines, quand ils ont appris ça, ont été assez, euh, assez vexés et remon­tés et qu’une réu­nion est prévue prochaine­ment et qu’elle va per­me­t­tre de, de met­tre sur la table ces sujets-là.
Mais les pro­prié­taires de fran­chis­es sont totale­ment opposés à l’idée de, de sor­tir de cette com­péti­tion. Donc les fran­chis­es sud-africaines seront présentes pour la sai­son 2026–2027, euh, des, des com­péti­tions européennes.
Oui. Exacte­ment. Par­fait. C’est une grosse info que vous avez sur Sud Radio, la radio du rug­by, évidem­ment, et on va la relay­er grâce à ta chronique En Avant l’É­co.